L'ère moderne

De nouvelles techniques de fabrication du savon

Durant le XVIIIe siècle les besoins en savon vont encore augmenter. Le savon est utilisé pour le blanchissage et le dégraissage des laines. On l'utilise aussi pour le lavage des tissus fragiles. Les parfumeurs et même les médecins en font bon usage.

En 1786, Marseille compte alors 48 savonneries! Face à un tel succès, certains abusent de la situation et de nouveau, les falsifications se multiplient, entrainant la révolte des lavandières en 1790.

Les techniques évoluent aussi rapidement: le chimiste Nicolas Leblanc met au point le procédé pour extraire la soude à partir de l'eau de mer et un peu plus tard, un autre chimiste, Michel-Eugène Chevreul, explique et démontre la saponification. Diverses techniques améliorent la production. On chauffe les chaudrons à la vapeur et les savonniers expérimentent diverses huiles: lin, palmier, cocotier, etc.

Apogée de l'industrie du savon

Mais une fois encore le savon de Marseille est menacé. L'huile d'olive devient de plus en plus rare pendant que le besoin en savon augmente. De l'industrialisation galopante de l'Angleterre, né en 1884 un nouveau savon se conservant bien et sentant bon ! Son nom : Sunlight, fabriqué par William Hesketh Lever. Pendant que Lever vend dans le monde entier, les savonneries marseillaises peinent à s'industrialiser.

Et pourtant, la fin de ce siècle voit l'industrie relever le défi. On modernise la fabrication et on comprend l'importance de la publicité. Les savonniers de Marseille ne fabriquent pas encore de savonnettes pour la toilette et on utilise le Savon de Marseille pour laver le linge, pour le ménage et dans les hôpitaux.

En 1913, 90 savonneries produisent 180 000 tonnes de savon à Marseille. Mais rien n'est gagné.

Le manque de vision

La France vend surtout sur son territoire et dans ses colonies. Le beurre végétal et l'huile de cuisson apparaissent et les fabricants d'huiles délaissent leurs clients savonniers. Le Marseillais Jules Ronchetti invente la poudre à laver le linge. A Marseille on fait la sourde oreille à cette invention. Sauf Lever. L'Anglais étend son empire sur la planète entière et s'offre même des savonneries marseillaises.

Après la première guerre mondiale, Marseille ne produit plus que 52 000 tonnes. Mais une fois encore les savonneries s'organisent et la production atteint rapidement de nouveau sommets.

Le déclin des savonneries

Survient la crise de 1929 et la délocalisation de la production vers les colonies. La deuxième guerre mondiale n'arrange rien. On ne produit presque plus de savon à Marseille et durant les décennies suivantes la fameuse poudre à laver, boudée par les savonneries marseillaises, remporte un succès énorme.

Les savonniers ne prennent pas conscience des changements qui se profilent sur le marché. L'heure est à la petite savonnette parfumée alors qu'on continue de produire de gros cubes de 1 kg et des barres de 5 kg.

Les industriels d'Amérique arrivent en force sur le marché et rachètent les entreprises marseillaises qui manquent d'ambition commerciale et de trésorerie.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, le savon de Marseille lutte vraiment pour sa survie. L'empire colonial français qui apportait à la fois matière première et clients, est démantelé.

S'ajoute à cela d'autres facteurs: l'absence d'esprit d'entreprise et l'impossibilité de faire face aux changements modernes en matière de détergents et de produits cosmétiques. Les machines à laver ont depuis longtemps remplacées les blanchisseuses et l'heure est au gel douche. A partir de maintenant, n'importe qui peut faire un quelconque savon et lui donner le nom de Savon de Marseille.

Le renouveau

En ce début du XXIe siècle, ce vieux savon retrouve une place de choix dans les rayons des magasins en répondant très bien à certains besoins et problèmes de notre époque: protection de l'environnement, allergies de plus en plus fréquentes aux adjuvants et produits chimiques que contiennent les détergents, retour aux produits simples et durables qui ont fait leurs preuves.

A Marseille ne reste plus aujourd'hui que trois ou quatres savonneries. Ardents défenseurs de leur patrimoine et fiers de leur savon de Marseille dont la fabrication à l'ancienne, cuit dans des chaudrons comme le faisait jadis leurs prédécesseurs, est un gage d'honnêteté et d'authenticité.

C'est de ces artisans passionnés que proviennent les savons de notre boutique en ligne. Sans compromis sur la qualité, nous présentons ici de vrais et authentiques savons de Marseille, tels qu'ils ont toujours été fabriqués et qui ont fait la gloire de Marseille durant plus de 600 ans.